L’île de Spinalonga est située à l’entrée ouest du golfe de Mirabello, superbe, et où se trouve une ville moyenne, Agios Nikolaos, petit Saint Tropez crétois renommé pour ses hôtels de luxe qui méritent de vous recevoir. Le mot Spinalonga provient d’ailleurs des mots italiens « spina longa » qui se traduisent par « longue épine ».
Pour aller à Spinalonga, le voyage le plus intéressant est celui qui débute à Elounda, petit port de pêche avec ses bateaux bariolés qui font la joie des appareils photos et qui est bien fourni en bijouteries et restaurants.
Il est possible aussi de prendre un bateau depuis un ponton situé au lieu-dit Plaka pour une traversée rapide et moins romantique. Il convient alors de poursuivre la route qui longe la côte depuis Elounda.
GANDELIN PASSIONS vous conseille d’arriver tôt vers 9h pour éviter les fortes affluences et découvrir l’île dans de bonnes conditions. A l’arrivée le débarquement est réalisé par l’intermédiaire d’une passerelle légère au-dessus de l’eau cristalline qui peut impressionner. C’est le moment de laisser passer les plus pressés et de prendre une belle photo d’ensemble depuis le bateau face à la forteresse qui s’élève devant vous.
Cette forteresse a été édifiée par les Vénitiens en 1579, lesquels occupaient la Crète depuis 1204 et avaient construit plusieurs forteresses côtières pour empêcher des débarquements d’envahisseurs, ce qui était fréquent à l’époque. Avant cette date il existait déjà des ruines d’une précédente forteresse construite dans l’Antiquité. En 1669, les turcs envahissent la Crète mais Spinalonga ne sera prise qu’en 1715. L’occupation turque cessera vers 1898.
Dès 1904 l’île a été utilisée pour isoler des lépreux sur décision du Parlement crétois. Ces derniers vivaient auparavant dans des ghettos de villes importantes et leur regroupement sur l’île permettait aussi de chasser les derniers occupants sur l’île.
Ainsi pendant plus de 50 ans, 300 à 500 personnes furent enfermées ici dont des femmes non contaminées. Malgré les conditions de vie déplorables sur l’île, une partie des habitants créent une école, des commerces et réclament des aides sanitaires. Il faudra beaucoup d’énergie, de grève de la faim pour les obtenir puis vînt la deuxième guerre mondiale qui rendra la vie très difficile.
En 1957, la léproserie cesse de recevoir des malades qui sont alors transférés dans une institution près d’Athènes. Et malgré la guérison de certains patients, la société grecque continuera à les rejeter et ils resteront dans cette institution.
Par la suite l’île fera l’objet de plusieurs projets (hôpital, hôtels, base militaire) sans lendemain.
En 1976 l’île est déclarée site archéologique
Puis en 2005, une écrivaine, Victoria Hislop écrit son roman, l’île des oubliés qui retrace la vie d’une jeune femme à la recherche de sa famille laquelle découvrira la vie de sa grand-mère enfermée dans la léproserie. Son roman paraît en 2012 en France et connaît un immense succès car il décrit non seulement les conditions de vie mais aussi le comportement humain face à une maladie jugée incurable et transmissible à l’époque. Elle montre néanmoins la solidarité et la volonté de vivre avec dignité des habitants. Pour l’héroïne, tous les sentiments et les émotions qu’elle ressent au travers de la découverte des personnes qui vivaient dans cette léproserie sont une source d’inspiration pour elle et lui montrent la puissance de l’amour. Il est très intéressant de lire ce roman avant la visite de l’île.
Une fois débarqué, on rentre dans l’enceinte de la forteresse par un long tunnel qui vous emmène directement dans la rue principale du petit village fortifié.
En milieu de matinée vous éviterez le flot de visiteurs et votre imagination ne sera pas perturbée par la foule. Ainsi vous pourrez observer calmement ces lieux de souffrances.
C’est aussi une occasion de penser à sa propre vie, d’apprendre l’histoire, de goûter l’instant présent, le voyage, les conversations avec les autres et de se rendre compte de son bonheur d’être touriste.
Article JP GANDELIN
PHOTO GP lors du voyage en 2019 avec les clients GP







